icon journal
Kassandra Kanyiki : de Mascouche aux mondiaux de cheerleading à Orlando

Photo courtoisie – Kassandra Kanyiki se dit fière de tout le chemin parcouru jusqu’ici.

Kassandra Kanyiki : de Mascouche aux mondiaux de cheerleading à Orlando

Publié le 13/05/2026

La « cheerleader » Kassandra Kanyiki, s’est hissée au 3e rang mondial aux Championnats de cheerleading à Orlando au cours du mois d’avril avec son équipe les Flyers All-Stars Notorious de Montréal.

« Le cheer, c’est vraiment tout pour moi », affirme sans détour celle qui évolue en catégorie Open Large Coed Level 5, le plus haut niveau en cheerleading acrobatique. L’athlète québécoise ne voit pas sa vie sans ce sport qui combine gymnastique au sol, montées dans les airs, danse, flexibilité et coordination.

À 20 ans, celle qui, en tant que voltige, est propulsée dans les airs par ses coéquipiers a déjà été trois fois propulsée au premier rang mondial de cette compétition haletante.

Kassandra Kanyiki occupe le rôle le plus visible et le plus exposé de l’équipe. En dessous d’elle, les bases la portent, la lancent et la rattrapent. Derrière, le back assure la sécurité. « Il faut que j’aie confiance en les personnes en bas parce qu’ils ont quand même ma vie entre leurs mains. Parce que si j’arrive d’une mauvaise façon sur ma colonne, c’est vraiment dangereux. »

C’est une confiance qui s’est bâtie et solidifiée au fil des ans, un saut après l’autre. Mais à ce niveau, dit-elle, chaque athlète est là pour une raison. « Rendue dans une équipe mondiale, chaque personne est talentueuse, chaque personne sait faire son job. J’ai confiance dans mes bases que si je tombe, ils vont me rattraper. »

Une saison à toute épreuve

La saison n’a pas été un long fleuve tranquille pour l’équipe. Elle a encaissé coup sur coup avant de monter sur le podium mondial. Blessures, résultats mitigés en compétition canadienne, doutes sur le niveau de difficulté à adopter pour les « Worlds », la liste est longue. « On a eu beaucoup d’obstacles. On n’a pas gagné toutes les compétitions au Canada. On a eu des blessés aussi dans l’équipe, c’était vraiment difficile », raconte Kassandra Kanyiki

Mais au moment décisif, à Orlando, l’équipe a réussi deux présentations sans faute en deux jours. « On a réussi à produire notre chorégraphie deux fois au Worlds. On a fait tout ce qu’on pouvait. On a vraiment été fiers de ce qu’on avait fait », explique l’athlète.

Dès la première compétition, l’équipe décroche son [bid], le précieux sésame qui ouvre les portes aux compétitions officielles de fin de saison de haut niveau. « Après ça, il fallait vraiment se concentrer sur la technique, sur comment bien faire nos “skills” pour avoir plus de points s’il y a de la difficulté. Mais il faut aussi être clean et précis dans ses mouvements. »

Le plus gros dilemme de la saison a été de jouer la sécurité avec une routine plus simple pour maximiser les chances de sans-faute, ou miser sur la difficulté pour aller chercher plus de points et prendre le risque de l’erreur. « C’est qu’on ne savait pas trop s’il fallait mettre de la difficulté, ou mettre ça un peu plus facile pour que tout le monde soit parfait et qu’on soit sûrs d’avoir un sans-faute au Worlds. »

À l’entraînement, l’équipe a encaissé plus de cent fautes. Aux Worlds, elle en a fait zéro.

Toute une année pour deux minutes et demie

Si le cheerleading procure visibilité, souplesse et grâce, le sport soumet ses pratiquants à une forte pression mentale. « C’est deux minutes et demie que tu dois faire. Toute l’année, tu pratiques pour ces deux minutes et demie. Et tu ne peux pas te tromper, parce que si tu te trompes, c’est comme si toute l’année, elle ne servait à rien. »

La préparation mentale est aussi rigoureuse que l’entraînement physique, selon elle, « avant de dormir, il faut que tu simules mentalement ta chorégraphie. C’est des répétitions de plus que tu as. Il faut vraiment que tu apprennes à te faire confiance, à [avoir] confiance en tes coéquipiers. Ça n’arrive pas juste en claquant les doigts. »

La voltige doit aussi faire face aux pressions des regards et aux multiples attentes qui peuvent conduire à des erreurs. « J’en ai fait beaucoup cette année à cause de la pression. Ça ne m’était jamais arrivé », souligne-t-elle.

« J’ai appris que je suis une humaine. Tout le monde fait des erreurs. Les gens te supportent et t’aiment, même si tu en fais. »

– Kassandra Kanyiki

L’après

La jeune femme fait du cheerleading depuis l’âge de 5 ans. Elle a gravi tous les niveaux au RND Elite All-Stars, avant de rejoindre le Fires All-Stars pour commencer à évoluer dans des équipes mondiales. La saison précédente, elle a franchi une nouvelle étape en allant s’entraîner à Miami avec le Top Gun Double O, l’une des formations d’élite du cheerleading américain. « J’ai vraiment beaucoup appris sur la technique. Je me suis fait énormément d’amis là-bas. J’étais à Miami, puis je vivais vraiment une belle vie. »

Pour la suite, elle ne sait pas encore exactement quelle équipe ni quelle ville l’attend. Mais une chose est certaine, « je vais faire le mieux pour aller le plus loin possible. »