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Tarifs américains – « Il n’y a plus d’arguments qui tiennent »

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Tarifs américains – « Il n’y a plus d’arguments qui tiennent »

Publié le 09/09/2026

Après plusieurs mois à composer avec l’incertitude tarifaire américaine, les entreprises exportatrices font face à une nouvelle escalade qui, selon le spécialiste en exportation, Ariel Rétamal, réduit considérablement leur marge de manœuvre.

La première vague de tarifs avait semé l’inquiétude avant qu’une porte de sortie ne se précise, rappelle le spécialiste. Les entreprises admissibles à l’ACEUM pouvaient alors passer la frontière « sans trop de problèmes », dit-il. Mais aujourd’hui, la donne a changé.

« Avec ce qui est annoncé actuellement par l’administration Trump, il n’y a plus d’argument qui tient. C’est vraiment une liste impressionnante de produits qui vont être taxés et surtaxés. »

Les PME les plus exposées

« Il y a des grandes entreprises, mais il y a aussi les PME qui, elles, n’ont pas les marges de profit nécessaires pour pouvoir absorber un aussi grand choc au niveau de leur marché américain », souligne M. Rétamal. Le secteur du meuble serait directement touché, laisse-t-il entendre.

Le marché américain, dit-il, ne peut plus être considéré comme prévisible. « C’est comme une manière de dire qu’on ne veut pas voir ce marché-là. Ça fait en sorte que nos entrepreneurs n’ont pas le choix de commencer à regarder ailleurs. »

Diversifier et sécuriser les approvisionnements

Le spécialiste voit dans cette impasse deux solutions. Il faut, selon lui, « essayer de diversifier les sources de ventes autant que les marchés d’exportation. Mais également, à cause des contre-mesures, [essayer] de trouver des façons de remplacer les Américains aussi au niveau de l’importation de certains produits. »

Reconstruire des chaînes d’approvisionnement bâties depuis 20 ou 30 ans avec les États-Unis n’est pas simple, reconnaît-il, « mais quand tu es au pied du mur, tu n’as pas le choix ». Il observe d’ailleurs un sursaut inédit de solidarité commerciale entre les provinces canadiennes.

« Ça fait 30 ans que je suis commissaire à l’exportation. Je n’ai jamais vu autant de volonté de faire des affaires entre Canadiens à travers toutes les provinces du Canada. »

« Il va falloir résister pendant quelques mois »

Malgré le chambardement provoqué par les tarifs et les contre-tarifs, M. Rétamal demeure confiant quant à l’évolution de la situation.

« Il y a des choses qui sont en train de se passer qui font en sorte que le temps joue un peu pour nous, mais il va falloir résister pendant quelques mois, même si cela peut créer des situations de perte d’emploi ou de ralentissement », explique-t-il.