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« Il est minuit moins une » pour le transport en commun au Québec

Photo courtoisie – Le chèque de près de 6 milliards de dollars doit financer des projets de transport qui auraient des retombées directes à Mascouche et Terrebonne.

« Il est minuit moins une » pour le transport en commun au Québec

Publié le 10/04/2026

Le financement du transport en commun au Québec se trouve dans une périlleuse impasse. C’est une enveloppe de près de 6 milliards de dollars que le Québec risque de laisser filer, faute d’entente-cadre avec Ottawa.

En vigueur depuis le 1er avril dernier, le nouveau Fonds pour le transport en commun du Canada (FTCC) répartit une enveloppe de 25 milliards de dollars entre l’ensemble des provinces.

Le président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et maire de Mascouche, Guillaume Tremblay, ne mâche pas ses mots pour dénoncer ce qu’il appelle le manque de volonté des deux paliers de gouvernement à s’entendre sur un cadre de financement pour les projets de transport collectif à travers la province.

« Ce serait inacceptable de perdre cet argent qui pourrait servir à améliorer la mobilité dans nos communautés », martèle-t-il. « Pendant ce temps, d’autres provinces reçoivent leur part du gâteau pour réaliser des projets structurants », ajoute-t-il, appelant à une entente rapide. « Il est minuit moins une dans ce dossier ».

La Saint-Jean, échéance ultime

Le Québec est la seule province canadienne sans projet approuvé, alors que toutes ses voisines ont déjà encaissé leur part. Si l’argent continue de dormir à Ottawa, il pourrait être redirigé vers d’autres provinces, et ce sont les citoyens québécois qui en feraient les frais, déplore le maire.

Guillaume Tremblay fixe la fête nationale comme échéance pour que Québec signe cette entente. Il craint que l’arrivée imminente d’un nouveau gouvernement provincial ne complique encore davantage le dossier. « Le temps que le nouveau ministre des Transports comprenne les dossiers, ça va prendre encore bien du temps. C’est ça, notre crainte. »

Des projets structurants s’accumulent pendant que des promesses tardent à se concrétiser et que la population, elle, attend, affirme M. Tremblay. « On trouve ça vraiment malheureux que ce soit la population qui soit prise en otage pour des enjeux possiblement politiques », déplore-t-il, citant notamment le REM de l’Est parmi les nombreux projets qui, partout au Québec, sont toujours en attente de financement.

« On est un peu déçus de la situation. Encore une fois, c’est le monde municipal, ce sont les citoyens de nos villes qui sont toujours pris en otage à cause d’un manque de volonté des paliers de gouvernement à bien s’entendre », conclut Guillaume Tremblay.