icon journal
Un FAM éblouissant pour son dernier rendez-vous

Photo Reine Côté – Les membres organisateurs du Festival des arts de Mascouche ont souligné le départ de la directrice Chantal Peterson en lui remettant un tableau confectionné par chacun.

Un FAM éblouissant pour son dernier rendez-vous

Publié le 28/09/2026

C’était un événement hors de l’ordinaire, une exposition pas comme les autres.

Le Festival des arts de Mascouche s’est déroulé pour la toute dernière fois durant le long weekend de la Fête du travail avec une sélection d’artistes talentueux, venus magnifier grâce à la beauté de leurs œuvres ce rendez-vous unique avec l’art pictural dans la région de Lanaudière. Fabuleux.

La directrice de l’événement, Chantal Petersen, y effectuait son dernier tour de piste. À l’heure actuelle, personne ne sait si l’événement sera repris ultérieurement par une autre organisation. Après avoir consacré des années de labeur à cet événement culturel régional, Mme Peterson, elle, a envie de consacrer son énergie à ses propres créations.

Le Festival des arts de Mascouche vient de vivre ses derniers jours dans son format actuel, avec la présence de 63 artistes peintres au parc du Grand-Coteau.

Au printemps, la directrice avait promis d’y présenter la crème des artistes. Elle a tenu parole : une soixantaine d’exposants ont été préalablement choisis parmi plus de 160 peintres ayant envoyé leur candidature au jury, chargé d’en retenir moins du tiers.

Pas moins de 63 artistes à découvrir ont donc affiché leurs créations à l’un des stands, où certains s’exécutaient même en direct, sous les yeux observateurs des passants.

Dans une galerie, une personne pose devant un tableau représentant une scène onirique, fixé sur un panneau perforé
Photo Reine Côté – La photographe Jane Oliveira a remporté le premier prix du festival.

Collages et inspiration onirique

D’abord dans la grande salle intérieure, une vingtaine d’artistes professionnels y exposaient leurs œuvres, toutes plus belles les unes que les autres.

Par manque d’espace, on ne saurait tous les présenter dans ces pages, mais retenons qu’ils méritaient tous sans exception qu’on s’arrête un moment devant leurs créations et qu’on leur tende le micro pour expliquer leur démarche personnelle.

C’est ainsi que l’on a pu découvrir le travail singulier de Marie-Brigitte Lehouillier, mieux connue sous le nom de Louyer, et qui se décrit comme collagiste. À juste titre d’ailleurs puisque ses œuvres ne comportent aucune trace de peinture, mais sont créées à partir d’un collage de papiers colorés pour devenir de véritables dessins figuratifs.

« Quand je commence, je crée, je crée, je crée sans avoir aucune idée de ce que je veux faire. Alors c’est vraiment par couche par couche et à un moment donné, le sujet arrive », confie l’artiste dont le nom avait été retenu par les organisateurs du Festival de collage de Paris et qui vient de recevoir le prix Mention honorable pour ses extraordinaires créations.

Tout près d’elle, c’est le peintre Gabriel Lavoie – qui signe Gabriell – dont on découvre les toiles qui semblent tout droit inspirées du monde onirique. « Je suis un peintre devenu un peintre plus intuitif. Pas abstrait, mais intuitif dans le sens que souvent mes tableaux vont commencer avec un mouvement intuitif de couleurs. Après, les thèmes, les formes se profilent au fur et à mesure que je mets des couleurs sur une toile », explique celui-ci.

Dans un stand d’exposition, une personne observe un tableau de singes, entourée d’autres œuvres sous des projecteurs sélectifs
Photo Reine Côté – Mourad Fouad, le peintre illusionniste.

La photographie symbolique

Puis, le travail visuel de l’artiste d’origine brésilienne Jane Oliveira attire inévitablement l’attention avec ses œuvres qui semblent tout droit tirées d’un appareil photographique. Eh bien oui, ce sont précisément des photos, mais quelles invraisemblables photos ! La photographe, qui est gestionnaire en santé publique après avoir pratiqué la médecine, se définit comme photographe conceptuelle de « fine art ». Et avec raison. Ses tableaux proposent des poupées inspirées des arcanes du tarot et d’une finesse presque humaine et digne de mention. Elle y voit d’ailleurs un lien direct entre sa passion pour la santé et les 22 symboles tarologiques : la nature humaine et l’inconscient.

On lui a décerné le Premier prix du Festival, ce qui n’est pas peu dire, après seulement cinq années de pratique professionnelle derrière la caméra.

Dans une galerie, une personne pose près d’un tableau urbain en relief, encadré, avec une médaille et un prix affichés au mur
Photo Reine Côté – La collagiste Loyer et une œuvre réalisée par collage de papiers avec reliefs, qui lui a valu le Prix Mention du Festival.

Charlot, Frida et Mayas

Si certains artistes parviennent à l’art au fil du temps, certains s’y sont adonnés très tôt dans leur vie, avec une formation en bonne et due forme à l’École des Beaux-Arts, comme la Joliettaine Nicole Gélinas, qui illustre Charlot et Frida Kahlo en mille et un coloris, dont la palette de pigments a été mise au point par une coloriste québécoise, indique-t-elle, en laissant savoir qu’elle enseigne aussi son art et tient des ateliers partout, au Québec.

Le talent ne se dément pas au fil des pas. Dans la dernière rangée, le Salvadorien Francisco Mario Jarquin fait découvrir ses belles œuvres tirées de sa série sur l’univers Maya dans toute son étendue de couleurs attractives et, juste en face, l’artiste-peintre Catherine François et ses créations à la signature unique.

Émergents, vraiment ?

Plus loin, sous le chapiteau extérieur du Grand Coteau, se tiennent les artistes émergents, un classement convenant peu aux artistes doués que l’on y découvre. À commencer par le peintre Mourad Fouad, que l’on pourrait presque qualifier d’illusionniste tant le contenu de ses dessins se joue de notre perception première. Le premier tableau propose l’image d’un chien dans lequel on découvre des humains et dont l’ensemble fait réfléchir aux liens nous unissant à nos proches.

Pas à pas, l’exposition sous chapiteau charme avec ses artistes à la signature singulière, au style presque indescriptible. La visite se termine par un petit détour au pavillon où l’on peut observer travailler la Saguenéenne Tanya Aubut. Celle-ci mène sa carrière depuis à peine cinq ans et se spécialise dans le StreetArt, le PopArt, y agit à titre de présidente spéciale du Festival. Son style unique, sa créativité originale avaient retenu l’attention des organisateurs et semblent avoir aussi attiré les visiteurs, intrigués par ses œuvres insolites.