Un nom à retenir, une humoriste à découvrir, qui s’amène à la salle Le Moulinet, de la Place de l’île-des-Moulins, à Terrebonne, dans la soirée du 24 septembre prochain. Et avec la promesse de rires garantis autour des travers de la culture turque sous l’œil d’une fille bien trempée dans son Québec natal.
Même si elle baigne dans une famille d’origine turque, son humour, lui, parle aux Québécois, peu importe leur souche originelle. D’entrée de jeu, l’humoriste Sinem insiste sur ce point. Elle en est convaincue : l’humour est une belle porte d’entrée pour créer des ponts entre les cultures. En abordant des sujets « tabous » avec légèreté, ça met tout le monde à l’aise, observe-t-elle.
« Je parle de ma famille, de mes anecdotes de double culture, mais je suis née au Québec, donc j’ai l’influence québécoise à 100 %, sinon plus que l’influence turque. Je livre mon spectacle comme une Québécoise ayant infiltré la communauté turque », souligne l’artiste en entrevue. Et de fait, elle a bien compris que si l’on ne parle pas de sexualité ouvertement au sein de la communauté turque (musulmane), on maintient un certain tabou au sujet de l’argent, au Québec.
Et le Québec hors métropole n’a pas vraiment de secret pour elle, ses parents restaurateurs ayant déplacé la famille à plusieurs reprises : Montréal, Saint-Jean-sur-Richelieu, Iberville, Sainte-Anne-des-Plaines, Laval, Blainville, Saint-Roch-de-l’Achigan.
Premier one-woman-show
Ce sera son premier vrai show d’humour, seule sur scène, et l’on perçoit aisément son enthousiasme dans sa voix, même sans la voir. Un spectacle qu’elle offre en rodage, car sa réelle Première se tiendra seulement en mars 2027.
C’est donc un spectacle tout neuf, présenté avec spontanéité et plein d’authenticité que verront les spectateurs qui ont l’audace d’inscrire ce nom moins connu dans leur agenda culturel de l’automne. Mais un spectacle d’humour prometteur.
« Officiellement, c’est mon premier One-woman show, parce que ça fait dix ans que je fais de l’humour. Je suis allée en Abitibi, au Saguenay, à Sept-Îles, en Gaspésie. Je suis allée partout avec les années. J’ai tâté le pouls. Mon objectif a toujours été que les gens se sentent inclus dans le spectacle. »
Parcours bien rempli
Bien que son nom ne soit pas encore réellement connu, ce rendez-vous avec le public ne constitue pas le début de son parcours artistique.. On l’a vue dans quelques scènes du dernier Bye-Bye et dans certaines émissions de télé tel que : Les temps fous, On va se le dire, Roast Battle, Incroyables. Elle s’est produite également dans divers festivals et galas, dont Juste pour rire et Hommage à RBO avec le Cirque du Soleil en 2024.
Après l’obtention de son diplôme de l’Option-Théâtre du Collège Lionel-Groulx en 2014, elle s’est tournée vers l’humour, plus en adéquation avec son tempérament que l’on devine vif et loquace, un milieu dans lequel elle se glissera en affinant son jeu par des ateliers préparatoires.
Sa formation théâtrale la sert assurément, lui apportant solidité et assurance. Sa présence télévisuelle lui a offert une fenêtre sur son talent et son visage.
L’inattendu sur scène
« C’est sûr qu’à la télé, on ne sait pas ce que je fais sur scène. Là, j’ai l’impression que je vais chercher des gens là où ils ne m’attendaient pas. Ils sont agréablement surpris parce que je vais dans des zones où je joue avec certaines limites, certains tabous sur ma culture turque. Et les préjugés sur ma culture, j’en parle. Je ne me gêne pas et on en rit ensemble et puis c’est bien correct », souligne l’humoriste Sinem.
Sinem affirme d’ailleurs être la première artiste turque au Québec. « C’est une culture dont on n’a pas beaucoup entendu parler, aussi je pense que les gens ressortent en apprenant des choses et puis ça, c’est le fun de pouvoir rire et d’apprendre. Je ne suis pas là pour faire la morale, ni me victimiser. Je suis là pour faire rire les gens. »
Mais ce que souhaite avant tout Sinem, c’est que les gens retiennent ceci : « Je suis une fille qui aime ça s’amuser. Quand je suis sur scène, c’est comme rencontrer une chum de femme qui vous parle et vous raconte des anecdotes ».

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Sinem Kara
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