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Octenbulle gagne son pari depuis 10 ans

Photo : Tirée du site web du festival Octenbulle

Octenbulle gagne son pari depuis 10 ans

Publié le 19/07/2026

Il y a près d'une décennie, alors que les distilleries québécoises commençaient à se multiplier, un nouveau festival voyait le jour à Boucherville.

Né sous le nom d’Octenbulle, en référence à sa tenue au début d’octobre, l’événement consacré aux spiritueux et à la mixologie a depuis trouvé sa place à Mascouche… et en plein cœur de l’été.

Présentée cette année pour une neuvième édition, la septième au parc du Grand-Coteau, la manifestation a changé de rive après seulement deux ans. La raison était toute simple : la météo automnale. « Les deux premières éditions étaient dans la pluie et la neige. On voulait amener l’événement à être un événement estival », résume le directeur général et cofondateur Claude Demers.

Le déménagement à Mascouche a permis de déplacer le festival au mois d’août, une période jugée beaucoup plus favorable tant pour les exposants que pour les festivaliers. La première édition dans Lanaudière a d’ailleurs rapidement confirmé que le pari était le bon.

L’industrie était prête

La naissance d’Octenbulle coïncide également avec un tournant important pour l’industrie québécoise des spiritueux. Au cours des années 2010, l’assouplissement du régime de permis a favorisé l’arrivée de nombreuses distilleries artisanales, un phénomène comparable à celui des microbrasseries une vingtaine d’années plus tôt.

« On voyait que la popularité des spiritueux était en augmentation. Les cocktails et la mixologie devenaient de plus en plus populaires », explique le fondateur, qui voyait là l’occasion de créer un événement mariant dégustation, musique électronique et ambiance festive.

Aujourd’hui, le contexte a toutefois changé. Les habitudes de consommation évoluent et environ 31 % de la population affirme ne pas boire d’alcool. Le festival s’est adapté en intégrant davantage de produits sans alcool, tout en accordant une place croissante à la programmation artistique.

« On est en train d’équilibrer un petit peu plus le volet dégustation puis le volet programmation », indique M. Demers. Les DJ internationaux, les compétitions de danse et la tribune gastronomique, développée en partenariat avec Barbecue Québec, viennent désormais compléter l’expérience afin d’attirer un public plus large.

Le festival continue aussi de miser sur une consommation responsable. Des panneaux rappellent les services de raccompagnement disponibles et les organisateurs constatent que les festivaliers privilégient généralement les conducteurs désignés ou les déplacements en groupe.

Des éditions marquantes

Parmi les moments marquants de son histoire, le directeur général retient d’abord l’édition de 2022, qui marquait le véritable retour à la normale après les restrictions sanitaires. « Les gens étaient contents de ressortir, de fêter sans se faire pointer du doigt », raconte-t-il.

Plus récemment, l’édition 2025 a constitué une autre étape importante avec la présence de Bassjackers. « C’était la première fois qu’on accueillait un artiste figurant au prestigieux classement Top 100 de DJ Mag. Ça facilite aujourd’hui le recrutement d’autres têtes d’affiche internationales. »

Les ambitions ne manquent pas pour la suite. Les organisateurs souhaitent éventuellement ramener une quatrième journée d’activités le dimanche et développer une seconde zone au parc du Grand-Coteau, où l’offre gastronomique et la programmation pourraient être bonifiées.

Le principal défi demeure toutefois financier. Comme plusieurs événements culturels, Octenbulle compose avec une hausse des coûts et un marché des commandites plus difficile. « On est à l’entre-deux : trop petit pour se qualifier aux grandes subventions, mais déjà trop gros pour être opéré facilement », résume le directeur général.

Malgré ces contraintes, le festival entend poursuivre sa croissance en conservant la formule qui a fait son succès : marier les saveurs, la musique et l’art de vivre estival.