Les élections provinciales de 2026 sont, pour les autorités municipales, le meilleur moment pour attirer l’attention des candidats sur les enjeux qu’elles estiment cruciaux pour leurs municipalités et pour leurs citoyens. « C’est aussi l’occasion d’amener nos candidats à faire des promesses sur certaines idées et tenter de réussir à convaincre les électeurs qu’ils ont les meilleurs pour les représenter à l’Assemblée nationale », a dit le maire de Terrebonne, Mathieu Traversy, lors d’un point de presse où il a présenté ses priorités.
Il y a ce que les candidats font comme promesses électorales, il y a ce que les maires, eux, exigent, et il y a ce que les citoyens attendent. « C’est pourquoi on a décidé aujourd’hui d’aider les différents partis politiques de la ville de Terrebonne à identifier les priorités, grâce à un cahier extraordinaire », indique le maire.
Le document en question compile l’ensemble des projets porteurs de la municipalité. Le maire en retient quatre qu’il présente aux différents partis politiques, les invitant à s’engager auprès de la municipalité en vue des élections québécoises du 5 octobre prochain. Il s’agit « des quatre colonnes du Temple des meilleures idées de la communauté terrebonnienne », lance M. Traversy avec une pointe d’humour.
Le Quartier universitaire, un jalon dans l’essor de la ville
Né d’un partenariat entre Terrebonne, l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), le promoteur Medifice et le Fonds immobilier de solidarité FT, le projet vise à doter la région d’un véritable campus supérieur. Son coût total est estimé à 57 millions de dollars. Pour le recteur de l’UQTR, Christian Blanchette, le Quartier universitaire constitue un jalon important dans l’essor de la Ville de Terrebonne et marque le début d’une nouvelle approche du développement immobilier en région.
« Et si on a un conseil à donner, une idée à mettre dans les programmes politiques des partis, c’est de poursuivre le développement du quartier universitaire de l’UQTR à Terrebonne », soutient-il, soulignant que le projet a été appuyé par l’ensemble des préfets de la région et qu’il faut aller plus loin.
« La région de Lanaudière est la seule au Québec à ne pas disposer d’une offre universitaire à la hauteur de ses besoins », déplore le recteur. Il appelle à la concrétisation du projet, dont l’ouverture est planifiée à l’automne 2030.
Le défi du transport en commun
Pour le coordonnateur de l’Association générale des étudiantes et des étudiants du Cégep de Lanaudière, Hamadou Sylla, se rendre au Cégep relève du parcours du combattant. « Pour me rendre au Cégep […] à 8 h, je suis obligé de me réveiller environ à 6 h 45 », raconte-t-il, alors que le trajet ne prend que 15 minutes en voiture. Et pour cause, des autobus bondés et des correspondances qui font parfois défaut.
Il réclame « de meilleures lignes de transport, plus rapides, plus régulières et mieux adaptées aux horaires des étudiants et des travailleurs ».
« Mais si Terrebonne veut devenir une véritable ville universitaire, son transport collectif doit aussi s’adapter à cela », affirme l’étudiant.
Il dit appuyer la Ville de Terrebonne dans ses demandes auprès du prochain gouvernement du Québec, afin que soit établi, dit-il, « un cadre de financement du transport collectif qui assure une véritable équité pour la Couronne Nord afin de maintenir les services actuels et surtout les développer ».
Terrebonne demande aux différents partis un financement récurrent pour le développement d’un réseau de transport collectif structurant pour la Couronne Nord. Elle souhaite aussi que le prochain gouvernement du Québec rende publics les résultats de l’étude sur l’échangeur des autoroutes 40 et 640.
Des besoins en infrastructures municipales
La Ville réclame des investissements annuels de 100 M$ lui permettant de maintenir l’ensemble de ses infrastructures municipales. Ce montant lui permettrait notamment de répondre à la croissance démographique tout en renforçant sa résilience face aux changements climatiques.
« Cependant, l’absence de planification à long terme des programmes financiers gouvernementaux empêche les municipalités de répondre aux besoins de la population et d’assurer une planification adéquate de la mise à niveau des actifs », déplore le maire Mathieu Traversy.
Terrebonne demande que des investissements massifs et soutenus soient réalisés afin de lui permettre de planifier la mise à niveau et le développement de nouvelles infrastructures. La Ville demande notamment que le futur gouvernement du Québec assure une contribution financière minimale de 50 % des coûts admissibles pour l’ensemble des projets municipaux d’adaptation et de mise aux normes climatiques.
Terrebonne veut sa propre charte
Avec ses 126 000 citoyens, Terrebonne assume déjà les responsabilités d’une grande ville, mais ne détient pas toujours les moyens de les exercer pleinement, a fait valoir le directeur général de la Ville, Serge Villandré.
Terrebonne veut aussi se doter de sa propre charte constitutive. Elle réclame que son statut de grande ville soit officiellement reconnu par le gouvernement du Québec et que celui-ci lui accorde des pouvoirs comparables à ceux dont disposent déjà plusieurs grandes villes québécoises.
« On ne veut pas que Terrebonne devienne une cité-État, une république. On souhaite, du côté du gouvernement, qu’on puisse reconnaître la force des gouvernements de proximité, notamment pour les villes de plus de 10 000 habitants qui souhaitent se doter de certaines structures qui, présentement, sont compliquées à avoir. »
Le DG de la Ville, Serge Villandré, souhaite que la Ville puisse créer cette charte-là, d’un commun accord avec le gouvernement, afin de lui conférer les mêmes pouvoirs que les autres grandes villes.
Qui défendra Terrebonne au Salon bleu?
Les principaux partis ont tous confirmé leurs candidats dans les trois circonscriptions provinciales qui couvrent Terrebonne, Masson et Les Plaines. Le maire de Terrebonne, lui, insiste sur l’importance d’avoir une voix forte à Québec.
« On aura donc la chance d’avoir trois personnes pour nous représenter au Salon bleu, pour faire entendre les besoins et la voix de Terrebonne au sein du prochain gouvernement et dans les débats politiques provinciaux », a-t-il conclu.
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