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Mascouche – L’Académie St-Margaret fait une croix sur 18 ans d’enseignement

Photo tirée du site de l’Académie St-Margaret – Alexandre Payeur se tournera vers un nouveau chapitre de sa vie professionnelle, tandis que son épouse se consacrera désormais au système public.

Mascouche – L’Académie St-Margaret fait une croix sur 18 ans d’enseignement

Publié le 18/05/2026

La nouvelle est tombée comme un couperet. L’Académie St-Margaret, une institution privée qui accueille près de 80 élèves de la prématernelle (4 ans) à la 6e année du primaire, doit définitivement fermer ses portes après 18 ans d’activité.

Cette décision fait suite au non-renouvellement de son permis d’enseignement par le ministère de l’Éducation pour l’année scolaire 2026-2027.

« La période de validité du permis détenu par l’Académie St-Margaret, l’autorisant à offrir des services de l’éducation préscolaire (4 et 5 ans) ainsi que des services d’enseignement au primaire, arrive à échéance le 30 juin 2026 », justifie le ministère dans une communication transmise aux parents. « L’établissement a présenté une demande de renouvellement auprès du ministère de l’Éducation ; toutefois, la ministre a rendu une décision défavorable à l’égard de cette demande », lit-on dans le document.

Sur la page Facebook « Spotted Mascouche », des parents se disent sous le choc. Ils affirment avoir été pris au dépourvu et ne plus savoir à quel saint se vouer. Ils critiquent également le délai pris par la direction pour annoncer la nouvelle aux parents. « Je trouve ça ordinaire qu’ils aient attendu aussi longtemps pour l’annoncer. Ça aurait rendu service à des parents et aussi du personnel scolaire au public. Dommage pour les enfants qui devront changer d’école aussi ».

« On ferme parce qu’on est épuisé »

Le directeur exécutif de l’Académie St-Margaret, Alexandre Payeur, précise que la fermeture est due à l’épuisement physique et mental de la famille. « On n’est pas financièrement non viables. On fonctionne », affirme celui qui gère l’institution aux côtés de son épouse. « Ce n’était pas quelque chose qui était très flamboyant au niveau financier. On a toujours été proche de nos sous. Sans être sur le bord du précipice. »

« C’est une école privée où on n’est pas subventionné par le gouvernement. Donc, moi et mon épouse, on ferme parce qu’on est épuisés. »

Alexandre Payeur, directeur exécutif, Académie St-Margaret

Propriétaires de l’établissement depuis 18 ans, M. Payeur souligne qu’il ne peut tout simplement pas se faire remplacer. « Quand quelqu’un est malade à l’école, un employé est malade, on doit toujours travailler en double. Ça épuise physiquement. Ça épuise mentalement. »

Il rappelle les effets de la pandémie sur la société estimant que « les gens sont de plus en plus exigeants. Les enfants ont changé aussi. »

« Ça ne nous convient peut-être plus », ajoute-t-il.

« Perte de temps, d’argent et d’énergie »

En plus de l’épuisement physique et mental, ce que M. Payeur qualifie de fardeau administratif de plus en plus lourd imposé par le ministère de l’Éducation est également responsable de la fermeture. « […] Il y a des choses qui sont demandées, qui sont déraisonnables […] », lâche le directeur, affirmant devoir recommencer chaque année le processus de renouvellement de permis, sans obtenir d’autorisation à plus long terme.

« Pourquoi, s’ils changent le contrat, est-ce qu’ils ne nous mettent pas un nouveau contrat, tout fait, tout clé en main ? », s’interroge-t-il, dénonçant des exigences du ministère qu’il juge changeantes, notamment l’obligation de modifier régulièrement le contrat de service éducatif pour se conformer à de nouvelles règles, « sans accompagnement clair » de la part du ministère. Il soutient que ces ajustements nécessitent des démarches juridiques coûteuses et répétitives.

« Ils changent les règles, ils changent les lois, puis ils nous exigent de travailler pour changer un contrat qui fonctionnait. »

À cela s’ajoutent des exigences financières, dont la production d’états financiers vérifiés, qui représenteraient des coûts importants pour l’établissement. « Alors, c’est sûr qu’à un moment donné, ces papiers-là, on ne veut pas les fournir parce qu’on perd du temps, on perd de l’argent, on perd de l’énergie. »

Deuil

Cette décision représente, pour M. Payeur et sa famille, une perte immense, qu’il compare à un véritable deuil. « On a pris une décision qui nous fait de la peine, je vous dirais. Je suis dans la cour d’école, je regarde les élèves qui sont à l’école, je regarde les élèves qui ont passé. On s’attache à ces enfants-là. Alors, c’est un deuil », confie-t-il.

Il souligne que chaque départ vers le secondaire représentait déjà une étape chargée d’émotion, mais la fermeture de l’établissement marque cette fois une rupture plus définitive, laisse-t-il entendre.

Après près de 18 ans à placer les élèves, les familles et le personnel au cœur de leurs priorités, les responsables affirment avoir fait le choix de se recentrer sur eux-mêmes. « Moi et mon épouse, on s’est choisis. Ça fait 18 ans qu’on pense aux élèves, on pense aux familles, on pense à notre personnel avant nous-mêmes. Et puis, à un moment donné, on se choisit », soutient-il.

Du soutien aux parents

M. Payeur indique avoir contacté plusieurs établissements scolaires, dans les jours précédant l’annonce de la fermeture, afin de vérifier leur capacité d’accueil. Selon lui, tous ont confirmé pouvoir recevoir des élèves, ce qui rendait possible la relocalisation de l’ensemble des enfants.

Les coordonnées de ces écoles ont ensuite été transmises aux parents dans un mémo interne, précise-t-il, ajoutant que les options proposées tenaient compte, notamment, du lieu de résidence des familles. Il soutient que chaque élève pouvait être redirigé vers un autre établissement.

M. Payeur souligne toutefois que le choix final revenait aux parents. Certains auraient décliné certaines options en raison de la distance, des coûts ou de préférences personnelles, notamment dans le cas d’écoles privées jugées plus onéreuses. Plusieurs familles se seraient également tournées vers le réseau public.

La fermeture sera effective après la période du camp de jour. « Et nous continuerons d’accompagner les enfants avec bienveillance et stabilité jusqu’au dernier jour », indiquent les responsables qui annoncent des soutiens aux familles dans cette transition.