L’Union des municipalités du Québec mène depuis quelque temps des démarches visant à obtenir de Québec un soutien gouvernemental accru aux villes, afin de faire face à la hausse des coûts des infrastructures locales.
Le président de l’UMQ et maire de Mascouche, Guillaume Tremblay, souhaite que les engagements des partis soient clairement énoncés afin de « permettre aux municipalités de continuer à livrer les résultats attendus par les citoyennes et citoyens ». Il rappelle que les municipalités jouent un rôle central dans le développement économique des régions, la réalisation d’infrastructures essentielles, la création de logements, l’adaptation aux changements climatiques ainsi que le maintien de services de qualité à la population.
L’UMQ présente six priorités accompagnées d’actions précises qu’elle demande du prochain gouvernement. Dans un document mis à jour le 2 septembre, l’organisme fait aussi le point sur les engagements pris jusqu’ici par les cinq principales formations politiques en lien avec chacune de ces priorités.
Un fonds dédié aux infrastructures municipales
L’UMQ demande la création d’un fonds gouvernemental dédié à l’entretien des infrastructures municipales, souhaitant que chaque dollar municipal investi soit accompagné de 3 $ en contributions gouvernementales. L’organisme réclame également le regroupement des programmes d’aide existants en un transfert stable et prévisible. L’UMQ souhaite aussi la simplification des normes réglementaires en matière d’infrastructures.
« Depuis 10 ans, les normes imposées entraînent jusqu’à 1,5 G$ de coûts supplémentaires par an, représentant jusqu’à 40 % de la hausse des coûts des infrastructures », peut-on lire dans le document.
Les libéraux proposent de ramener la part des infrastructures municipales dans le Plan québécois des infrastructures (PQI) de 4,4 % à 8 % au cours d’un premier mandat et de la maintenir à ce niveau, en plus d’adopter une obligation formelle de maintien des actifs publics et de rendre les services d’eau municipaux financièrement autonomes.
Le Parti Québécois, quant à lui, s’engage à créer un fonds consacré aux infrastructures et à prioriser l’entretien de l’existant avant toute nouvelle construction. Le Parti conservateur propose plutôt d’abolir 200 programmes destinés aux municipalités et de rediriger les sommes vers des tables régionales décisionnelles.
La CAQ et Québec solidaire n’ont jusqu’ici pris aucun engagement en lien avec les infrastructures municipales.
Une stratégie-cadre en habitation
L’habitation demeure l’un des chevaux de bataille de l’UMQ dans cette course électorale. L’organisme réclame une nouvelle stratégie-cadre en habitation afin de s’attaquer aux obstacles structurels à la construction de logements abordables et à but non lucratif, ainsi qu’un plan d’action national sur l’itinérance doté de moyens financiers stables et prévisibles.
Le Parti libéral compte construire 100 000 logements par année et propose notamment d’ajouter 40 000 logements sociaux et abordables d’ici cinq ans. Québec solidaire, de son côté, promet 50 000 logements sociaux lors d’un premier mandat, un gel des loyers à l’inflation et un registre des loyers.
Le PQ propose un vaste chantier de logements sociaux et hors marché avec un allègement des règles administratives. L’Équipe Christine Fréchette cible, quant à elle, 2 000 logements abordables supplémentaires pour les aînés autonomes, et le PCQ mise sur la simplification du Code du bâtiment et l’allègement des contraintes à la construction résidentielle.
L’Équipe Christine Fréchette a précisé son engagement sur l’itinérance le 2 septembre par voie de communiqué, promettant d’investir près de 100 M$ pour bonifier l’aide et l’accompagnement au logement, dont l’ajout de 1 000 suppléments au loyer (PSL) en prévention et de 1 000 autres avec accompagnement pour les personnes déjà en situation d’itinérance. Le parti s’engage aussi à élaborer, dès les premiers mois du mandat, un plan d’action national en itinérance avec les acteurs du milieu, les villes et le gouvernement fédéral, qui serait présenté lors d’un forum de travail au printemps 2027.
Le PCQ, pour sa part, propose un Sommet sur l’itinérance d’ici juin 2027; le PLQ, un Sommet national. Québec solidaire va plus loin en promettant la création d’un poste de super-ministre de la Lutte à l’itinérance, tandis que le PQ propose de réduire de 50 % le nombre de personnes en situation d’itinérance d’ici 2030.
Mobilité
L’UMQ demande le rehaussement et la pérennisation du financement du transport collectif en transférant aux municipalités une part accrue du Fonds d’électrification et de changements climatiques (FECC), ainsi que l’instauration, dès 2029, d’un cadre de financement structurant et pluriannuel.
Le PQ propose une Passe mobilité universelle à 95 $ par mois donnant accès à l’ensemble des réseaux de transport collectif du Québec, en plus d’un financement stable et prévisible. Le PLQ, lui, s’engage à mettre en place un financement pérenne et prévisible et à être partenaire de Montréal pour moderniser le métro. Québec solidaire promet d’investir massivement dans le transport en commun et de relancer des projets structurants comme les tramways de Québec et de Gatineau. Le Parti conservateur, de son côté, propose de suspendre la taxe sur l’essence pendant cinq mois.
L’Équipe Christine Fréchette n’a fait aucune annonce sur la mobilité.
Environnement et changements climatiques
L’UMQ souhaite une modification de la Loi sur la fiscalité municipale pour favoriser la protection des milieux naturels. Elle réclame également un assouplissement des règles de cumul des aides financières pour les projets climatiques et une révision du cadre réglementaire des milieux hydriques et des zones inondables.
Le PQ s’engage à réduire les émissions de GES de 42,5 % d’ici 2034, à soutenir les municipalités dans leurs projets d’aménagement durable et à moderniser les principaux outils législatifs de protection de la biodiversité. Québec solidaire propose la création d’un fonds d’adaptation climatique pour aider les collectivités à se préparer aux événements météorologiques extrêmes. Le Parti conservateur, quant à lui, propose d’abolir le FECC, de retirer le Québec du marché du carbone et de libéraliser l’exploitation des hydrocarbures.
Sur le plan climatique, l’Équipe Christine Fréchette et les libéraux n’ont encore fait aucune annonce.
Développement économique et gouvernance
En matière de développement économique, l’UMQ demande aux partis d’établir des cibles régionales d’immigration en collaboration avec les municipalités. L’organisme demande également d’investir de façon prévisible et récurrente dans les centres-villes et artères commerciales, d’assurer un financement durable et structurant des infrastructures aéroportuaires, maritimes et ferroviaires, de moderniser le régime forestier et de revoir la part des redevances versée aux municipalités. L’organisme demande aussi aux partis d’assurer un accès suffisant et prévisible aux blocs d’énergie pour les parcs industriels municipaux.
Le Parti Québécois présente des engagements correspondant au plus grand nombre de ces demandes, alors que la CAQ, le Parti conservateur et Québec solidaire n’y répondent que ponctuellement, chacun ciblant un ou deux enjeux en particulier plutôt que l’ensemble du chantier économique réclamé par l’UMQ.
Par ailleurs, l’UMQ demande que Québec assume entièrement les coûts d’acquisition des terrains requis pour la construction d’écoles, un fardeau actuellement porté par les municipalités depuis 2020. Elle réclame au prochain gouvernement de faciliter les fusions et regroupements volontaires et de convoquer, en début de mandat, des états généraux sur le milieu municipal pour clarifier les rôles et revoir les sources de revenus.
Sur ce point, seul le Parti libéral s’engage directement sur les terrains scolaires; le Parti conservateur est le seul à cibler les fusions volontaires; et Québec solidaire est le seul à promettre explicitement la tenue d’états généraux. La CAQ et le Parti Québécois n’ont pas d’engagement correspondant précisément à ces trois demandes.
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