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Académie St-Margaret : Geneviève Ethier revendique un pan d’histoire occultée

Photo : Courtoisie

La fondatrice de l’Académie St-Margaret, Geneviève Ethier,
entourée d’élèves.

Académie St-Margaret : Geneviève Ethier revendique un pan d’histoire occultée

Publié le 11/09/2026

La fondatrice de l’Académie St-Margaret, qui a fermé définitivement ses portes en avril dernier pour cause de non-renouvellement de son permis de fonctionnement, déplore son effacement de l’histoire de l’institution.

Dans un précédent article, l’ancien propriétaire Alexandre Payeur indiquait que l’Académie fermait après 18 ans de fonctionnement. Or, l’établissement avait été fondé en 2006, souligne Geneviève Ethier.

« Ma plus grande peine, c’est la non-reconnaissance de l’historique, c’est comme si tout ce que j’avais fait n’avait aucune importance », déplore-t-elle.

« J’ai fait vraiment de grosses concessions dans ma vie personnelle, financière, pour créer un univers formidable d’accueil et de générosité. C’est complètement effacé du revers de la main. On n’en fait pas mention du tout. Ni sur le site web de l’école, ça n’a pas été mentionné nulle part ailleurs », se désole-t-elle.

En 1999, la jeune femme a 24 ans, lorsqu’elle se lance seule dans l’ouverture d’une prématernelle à Mascouche. Grâce à un programme de soutien au travail autonome offert par la MRC Les Moulins, elle loue un local à l’église Sainte-Marie et fonde Les Bulles Magiques, raconte-t-elle.

« J’ai travaillé très, très fort et j’ai [recruté] jusqu’à 180 élèves dans la prématernelle. Donc, c’était quand même un succès majeur dans la région. C’était novateur à l’époque parce qu’il n’y avait pas de prématernelle bilingue », soutient-elle.

La naissance de l’Académie

Le succès de la prématernelle pousse Mme Ethier à voir plus grand, jusqu’à entreprendre les démarches auprès du ministère de l’Éducation, pour l’ouverture en 2006, de l’Académie St-Margaret. Elle obtient le permis d’enseignement à son nom.

Afin de financer l’achat du bâtiment du chemin des Anglais, elle s’associe, de 2006 à 2008 à Stéphane Roy, un parent d’élève qui devient copropriétaire. Le bâtiment, indique-t-elle, appartenait auparavant à une communauté anglicane vieillissante, incapable d’en assumer l’entretien. Mme Ethier avait multiplié les échanges avec ses membres, allant jusqu’à assister à leurs offices.

« L’église Anglicane Saint-Margaret a été là pendant plusieurs années. Et puis [par] respect pour leur communauté qui vendait leur église à contrecœur, j’ai dit, je vais garder le nom pour vous honorer. »

Bâtiment bleu de l’Académie Margaret, avec cheminée en briques, entouré d’arbres et bordé d’une allée pavée
Photo : Courtoisie
L’Académie St-Margaret à son ouverture en 2006

Une vente à contrecœur

Deux ans après la fondation de l’Académie, la situation personnelle de Mme Ethier bascule. Mère monoparentale, elle travaille alors 75 heures par semaine pendant que son fils traverse des problèmes de santé nécessitant de nombreux rendez-vous médicaux.

« Je commençais à avoir des difficultés financières parce que j’avais mis tout mon argent dans l’école », confie-t-elle, précisant n’avoir reçu aucune subvention du gouvernement.

Elle propose à Stéphane Roy de reprendre uniquement Les Bulles magiques et de lui céder l’Académie. Son associé refuse de dissocier les deux entités. C’est à ce moment qu’Alexandre Payeur entre dans le décor. Entrepreneur de la région, sa conjointe, enseignante, manifesté l’intérêt à se joindre à l’école, où leur enfant était déjà inscrit. M. Payeur formule une offre pour racheter les parts de Mme Ethier.

« Je leur donnais une entreprise sur un plateau d’argent, j’avais fondé quand même l’école toute seule, puis ils ont refusé, finalement je n’ai pas eu d’autre choix que de leur vendre à contrecœur. »

Geneviève Ethier, fondatrice de l’Académie St-Margaret.

« C’était mon bébé, mon entreprise »

Ce n’est pas tant la fermeture de l’établissement qui lui fend le cœur, reconnaît Geneviève Ethier, mais plutôt de constater que l’histoire de la fondation, entre 1999 et 2006, est absente du récit entourant la fermeture. Selon elle, le chiffre de 18 ans d’opération avancé par les propriétaires ne concernerait que leur arrivée en 2008, alors que l’Académie a été fondée en 2006, et la prématernelle, en 1999.

« Ils effacent complètement le passé, et ça, ce n’est pas correct. »

Geneviève Ethier, fondatrice de l’Académie

Joint par le Journal, l’ancien propriétaire de l’Académie St-Margaret, Alexandre Payeur, confirme que l’école a bel et bien été fondée avant l’arrivée de son couple à la direction, en 2008. « Je me suis sûrement trompé sur le chiffre », dit-il, évoquant un écart de deux ans. Selon lui, l’histoire n’a simplement jamais été consignée par écrit, ni sur le site web de l’école, ni ailleurs.

« Chaque fois qu’on a parlé, on l’a plus fait verbalement, parce qu’on n’a pas écrit d’histoire sur le site, ni de nous-mêmes qu’on est arrivé, [et quand] on a acheté l’école en 2008. »

Alexandre Payeur, ancien propriétaire de l’Académie St-Margaret.

Aujourd’hui, Geneviève Ethier dit tourner la page tout en poursuivant sa mission de créer du bonheur pour les gens vulnérables et à besoins particuliers. Quant au bâtiment du chemin des Anglais, il sera loué à des fins communautaires.